HAWAI, l'Ironman de rêve…

PREAMBULE :
Bilan sportif 503eme sur 1558 partants (91eme de ma catégorie) donc dans le 1er tiers.... pour un championnat du monde, ce n'est pas si mal (on trouve de la satisfaction ou on peut .... mais je pense que 2 ironman a 2 mois d'intervalle c'est vraiment trop proche d'autant que mon objectif initial était le 1er et que le second s'est avéré beaucoup plus dur). Par contre bilan émotionnel , c'est ENOOOOORME. Tout d'abord le stress d'avant course a été multiplié par 2 ou 3 par rapport a une épreuve normale.
1 - D'abord, c'est le championnat du monde ..
2 - d'autre part, je me suis quand même tapé 22h de voyage, ai subi 12h de décalage horaire et ai eu toute cette période d'incertitude avant de partir (du aux événements du 11 Septembre). Je n'ai pas pu m’empêcher de penser (oui ca m'arrive) et si je faisais tout ca pour rien.
3 - Le changement de conditions climatiques. Je peux maintenant vous avouer que j'ai eu un étourdissement mardi après-midi après être resté un peu trop au soleil (même avec une casquette).

AVANT LE DEPART
Le préambule étant effectué, je peux maintenant vous parler de ce dont il faut s’imprégner en venant ici : l'esprit de KONA (dixit une personne que je ne nommerai pas). C'est tout d'abord 1h30 avant le départ, les spectateurs déjà en place pour regarder la natation certains avec des pliants) et plus une place de libre... Ensuite des tapes dans les mains des gens que l'on reconnaît, et puis l'hymne US (a capella) et enfin le départ.

LA COURSE
La première chose, c'est qu'ici les gens se placent en fonction de leur niveau et ce qu'il fait qu'il n'y a pas de "baston". La 2eme , c'est qu'on a l'impression de nager en piscine (tellement l'eau est claire), les poissons et le courant en plus. Et enfin, encore des spectateurs, sur les bateaux autour desquels nous ferons notre demi-tour. Ah si dernier détail, pas de combinaison (sauf pour les plus de 70). Une transition facile aidé par les volontaires, mon vélo sorti, il n'y a plus qu'a... Et bien tout de suite, je sens que les jambes sont lourdes. Est-ce dû a la natation sans combinaison ? (pourtant avec le temps que j'ai effectué, je n'ai pas du forcer sur les battements).Mais par contre , je double beaucoup de gens (dont pas mal de vélo softride qui me font assez rire car cela donne une démarche chaloupée aux personnes qui sont dessus), d'un côté ca me rassure, de l'autre je me dis que je dois partir de loin.Bon la petite cote passée, position aéro et on embraye... ça a l'air OK et puis km 45 .... du vent ... mais du VRAI VENT 3/4 face (je me suis dit que c’était l'heure pour lui de se lever).Et là dur, dur, moi qui croyais qu'on allait l'attraper au km65.... Bon ça n'est pas grave, souviens-toi de ce que dit Natacha Badmann : " Hawaii, c'est le jour de célébration du vent et de la chaleur". Bon mais c'est que ça devient dangereux la (conditions exceptionnelles parait-il dignes de l’année 2000..... heureusement car je croyais que c’était moi qui avait tendance a exagérer). Quelque vélo par terre.... pas bon signe. A chaque dépassement effectué (à 20 km/h) on se méfie.... et puis le plus drôle reste les espèces de goulets ou on croit respirer et bien que nenni, le vent rebondit et appuie en fait de l'autre côté du vélo....Bref ca ressemble a un numéro d’équilibriste (jet stream obligatoire pour boire car impossible de lâcher le guidon). Ouf on souffle (expression peut-être inappropriée) un peu lors d'une bifurcation sur la gauche. Puis voici les 10 bornes de montée avec ce coup ci vent de face.... Et oui normalement dans une montée on est abrité du vent ....et bien par sur la Big Island d'HAWAII. Demi-tour au bout de cette montée... bon je me sens a peu près OK , 30km/h de moyenne c'est pas le top mais bon ça devrait être plus facile sur le retour. La descente superbe même s'il faut rester très attentif afin de ne pas finir dans le fossé. Virage a gauche et puis boum, 5km plein vent de face et là j'hallucine 12km/h sur mon compteur et je suis debout sur les pédales et personne ne me double ...
Allez virage a droite et c'est parti.... la plaque... vent dans le dos.... il reste 60 km... si c'est comme ca jusqu’à la fin, je m'en sortirai relativement indemne (je me suis demande a ce moment si certaine forces mystérieuses ne soufflaient pas dans mon dos). Et puis d'un seul coup, je crois que je fais un cauchemar. Au bout de 15km, en pleine ligne droite le vent que nous avions dans le dos devient un fort vent de face ..... je n'en croyais pas mes yeux (il y a paraît-il une explication scientifique, Hawaii étant en plein sur l’équateur, il y aurait un affrontement de 2 vents). Résultat des courses 45km a faire vent de face...et la vogue la galère. Mon dos me signifie que la position aéro ne lui convient plus du tout.... et je commence a voir des gens me doubler et la je m’enfonce bien fort dans la tête "c'est HAWAII, tu as mal, mais profites quand même". Je me dis que les encouragement écrits avec de petites pierres blanches sur la lave sont pour moi. Je desserre mes chaussures car mes pieds ont gonfle et ne sont plus irrigués. Je profite des montées pour remonter les gens qui me doublent sur le plat.... mais globalement je n'avance pas. Dans ce cas la seule technique, c'est de faire sa course de ravitaillement en ravitaillement (1 tous les 7-8 km : impressionnant le dispositif mis en place).
Ca y est, on voit les premiers de la course courir, on n'est plus très loin.... enfin je pose le vélo et me redresse (enfin j'essaye...). Je profite de la transition pour uriner au moins 2 litres (j'aurais peut-être dû m’arrêter sur le vélo !!) et me voilà parti a courir plié en 2 comme un vieux et puis petit a petit je me redresse.
A partir de ce moment, je me suis dit qu'en marchant, voire a 4 pattes, j'irai au bout... j'étais en effet passé a travers une éventuelle disqualification ou un problème mécanique... il était 14h45, j'avais 9h pour finir. Et me voilà parti en footing amélioré et j'ai commencé a faire mon bonhomme de chemin et a remonter mon petit monde... Par contre j'ai choisi la technique prudence : à savoir marcher un peu a chaque ravito afin de détendre ces muscles hyper-sollicités par le vélo. Au fait concernant les ravitos... par 30 degrés, on y trouve... de la glace pilée.... ils sont forts ces américains. On croise bien sûr les premiers, puis j'ai aperçu 3 unijambistes dont 2 qui finiront devant moi et un que je vais doubler un peu après la mi-course (je ne lui ai fait aucun signe particulier, car je pense que je dois le
considérer comme un athlète comme les autres). Le soleil se couchant, la chaleur se fait moins forte, après le "turn around" dans ENERGY LAB, je commence a accélérer, à compter les miles me restant (psychologiquement, cela fait moins mal de compter en miles qu'en km). Allez , on retrouve la civilisation, Palani road, à gauche puis à droite, il me reste un mile et je savoure ....repense au stress, aux encouragements reçus ma ma femme adorée.... et me voilà sur ALII DRIVE la mythique et je
lâche tout en criant comme un fou (cela pour m’éviter de fondre en larmes) et je franchis cette ligne tant attendue.
GOOD JOB, CONGRATULATIONS je l'ai entendu au moins une cinquantaine de fois dans la soirée.
On m’amène chercher ma médaille... super on m'a mis un collier de fleurs autour du cou... et puis me voilà à faire la queue pour la séance photo. Aie je sens que je vais tomber dans les pommes ... allez encore un effort Eric (mais bon, malgré cela j'ai vraiment une sale gueule sur la photo). Finalement un peu de repos... du col (pour ne pas citer de marque) puis... une part de pizza (original non).

EN CONCLUSION
Il existe ici quelque chose de spécial, un mélange de vedettes et d'inconnus, d'handicapés et de valides, de vieux et de jeunes, de foule et de "no man's land", de chaleur et de glace pilée, de vent Nord-Sud et Sud-nord, de peur et de fierté..... c'est sûrement tout ca l'esprit de KONA.
Remarque : Kona marque aussi physiquement car le feutre avec lequel on écrit le numéro de dossard protège des coups de soleil, et donc après la douche, le numéro apparaît blanc alors que le reste de la peau apparaît plus ou moins rouge/bronze.
C’était Paqman en direct de Kona (Hawaii, USA) pour www.fresnestri.com.

 

Fermer cette fenêtre