Istanbul 2006

Arrivée à Istanbul samedi 4 novembre dans l’après-midi. Brrr…Froid, vent, pluie et …neige, même de quoi se lancer quelques boules pour se réchauffer un peu. Nous filons au bureau de l’organisation marathon où nous récupérons et payons nos dossards seulement réservés : 15 euros, vraiment pas cher, sachant que cela inclut une puce que l’on ne rendra même pas, un T-shirt, une très belle médaille massive pour les finishers et la pasta-party. Cette dernière nous est annoncée en français, à 19h, soit entre 19 et 21h et on nous promet un petit mieux pour la météo, pas de pluie. Super.
 
Un petit repos à l’hôtel et nous filons en taxi à l’hôtel de ville pour nous gaver, croyons-nous, des pâtes énergisantes de la party. Hélas, à l’heure où nous arrivons (19:30), il ne reste plus rien, partie la pasta ! Dommage. Nous nous rabattons sur notre hôtel où nous savons que nous retrouverons la même consistante assiette que le midi. Tout va bien.
 
Dimanche, nous avons décidé de nous économiser au maximum avant le marathon. On rejoindra en taxi le bus qui doit nous emmener au départ, de l’autre côté du Bosphore, en Asie. Pour ne pas réitérer les mésaventures de la veille, nous partons avec un peu d’avance. Dès la sortie de l’hôtel, nous voyons 2 bus remplis de coureurs en partance. On nous invite à y grimper et nous nous retrouvons… avec les élites. Le Kenyan qui est à côté de moi a les jambes aussi épaisses que mes bras ! Incroyable, une gazelle. Il me dit qu’ils sont une quinzaine venus spécialement du Kenya pour la course. Il faut dire que les primes sont plutôt alléchantes : 35000 $ pour le 1er homme et la 1ère femme. Égalité de traitement qui n’a rien de très surprenant quand on sait que le droit de vote et d’éligibilité a été accordé aux femmes dès 1934, avant la France. Je referme cette parenthèse historique pour dire que notre Kenyan aimerait mettre 2h10. Hélas, pour lui et ses compatriotes, le vainqueur du marathon sera Lituanien en 2 :12 :49 (record de l’épreuve) et le 1er Kenyan ne figurera qu’à la 5e place en 2 :14 :06 !
 
Donc voilà, la course est partie à 9h, 15km et marathon en simultané de part et d’autre de la 2x2 voies enjambant le fameux Bosphore, frontière entre les 2 continents. La circulation a été fermée sur tout le parcours et nous resterons quasiment tout le temps sur ces voies capable de digérer 30000 coureurs alors que nous ne sommes guère plus de 600 sur le marathon.
Il fait juste quelques degrés, j’avais sous-estimé le vent. Je paie cash cette petite erreur : je ne réussis pas bien à me réchauffer même si j’ai gardé sur moi le coupe-vent en plastique extrêmement fin, fourni avec le dossard et qui deviendra vite complètement inutile après déchirure au bout de quelques kilomètres.
 
Tiens, Gérald me double ? Je n’essaye pas de m’accrocher à lui, il a une belle allure aérodynamique, je pense qu’il va faire une superbe course. Pourtant, je le rattrape rapidement et nous allons cheminer ensemble sur quelque 30 km. Le parcours sur notre voie rapide, qui, vous l’avez compris, ne l’est pas tant que cela, est complètement désert. Ah, si, j’oubliais : tous les 100 m, nous avons droit à un policier planté. Cette présence surprenante pourrait s’expliquer par les récents attentats, à moins que le marathon étant également le championnat de la police européenne, la participation de compétiteurs policiers de pays étrangers n’ait fait descendre sur le parcours leurs collègues turcs, par solidarité !
 
Nous longeons la mer de Marmara en direction de l’aéroport avec un bon vent de face, la quantité de paquebots en attente est assez impressionnante. Alors que nous en sommes à mi-parcours, nous voyons passer le cortège des premiers sur l’autre côté de la voie, superbe. Le chrono affiche 1h33, ce n’est pas mon jour pour un moins de 3h. J’essaye de tenir une allure régulière et consulte fréquemment mon cardio, utilisé pour la 1re fois sur un marathon. Je respecte scrupuleusement la plage que je m’étais fixée : 145 – 155. Les ravitaillements sont spartiates, ce sont ceux de la réglementation : eau, éponge et rien d’autre. Bigre ! Heureusement, j’ai emporté 3 gels que je prendrai au 20e, 30e et 37e km.
 
Demi-tour, et enfin le vent dans le dos pour poursuivre en direction du stade, nous apercevons au loin quelques collines saupoudrées de la neige de la veille, Gérald a un peu ralenti et, à l’occasion d’une pose «technique», je le lâche. Bientôt, j’arrive dans le centre d’Istanbul, accueilli par les muezzins lançant l’appel à la prière. Un peu surréaliste, tout ça. Plus que 2km avant l’arrivée dans le stade, je me sens bien pour accélérer et je finis dans une allure fluide en 3h09. Un temps pas exceptionnel, certes, mais le plaisir d’avoir fait une belle course, bien gérée. Je termine 151e au scratch homme et 1er sur 31 dans la catégorie 55-59. Dommage, on a raté le dîner de clôture et la remise des coupes, l’information devait être assez confidentielle et on n’a pu avoir les classements qu’au retour en France !
Notons aussi que les préoccupations des jours suivants ont été plus d’ordre touristique, gastronomique et « boutique » que sportif…

En conclusion un marathon bien organisé, pas cher et dans un lieu attractif au milieu de 14 millions d'habitants qui ignorent complètement cet événement. Une destination qui ne laisse indifférent. Pour plus d'info : http://www.istanbulmarathon.org.tr
 
Jean-Yves

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