| Par habitude, je ne mets jamais les pieds dans le nord. Il n'y a pas de raison à cela. De toutes façons, nous sommes toujours au nord de quelqu'un d'autre. Si je franchis une ligne comprise entre la porte d'Auteuil et celle de Vincennes, il faut qu'une bonne raison m'y ait contraint. Et ce 16/08/2004, cette bonne raison, elle m'est apparue comme une évidence, un direct en pleine poire. Attablé à un restaurant bonne franquette d'Embrun, ayant pris soin de m'installer le plus loin possible du Saimone, je ne pus m'empêcher de l'entendre pérorer sur sa prétendue invincibilité au VDR. Comment laisser impuni une telle outrecuidance, alors qu'il venait d'essuyer une déconfiture magistrale? La réponse, me connaissant, redresseur de tort devant l'Eternel, vous l'aurez deviné: impossible. Mentalement, j'avais déjà remplis le bulletin d'inscription. Par la suite, Iron le fuc&%# boiteux, annonça, aussi discrètement que fermement, sa décision de faire de la figuration sur ses terres natales. Bref, mêlant l'utile à l'agréable, je pouvais corriger le vantard et marquer un point de plus au Challenge Canard. Seule déception, la retraite anticipée du Boss (la possibilité de faire +1 au challenge poussin s'envolait). Résumé du 12/09 9h45, un rdv au QG rue d'Alleray. 9h47 Saimone bippe sur mon portable. Avant même le début de la course, il avait crevé son vélo...très fort. 10h00 Saimone pourtant surexcité s'enfile deux litres d'un excellent café en provenance des plateaux Kenyans. 10h01 "Si Iron ne pointe pas son Warin, euh pardon son tarin, dans les 30 s on se casse Lolo..." 10h15 Iron pointe effectivement le museau de sa Laguna au carrefour Alleray-Ivard. Tenue classique avec sa veste de boulot sur l'épaule (?). 10h30 Départ de grand prix vers le VDR. Le reste ne présente pas d'intérêt. Départ dans la flotte. Photos de circonstance. Saimone affecte une mine patibulaire façon Mickey Rourke gueule de bois, et le Iron amuse la galerie avec sa tenue fluo et les lunettes de piscine de sa fille, celles avec les petits poissons dessinés dessus et avec inscrit, au marqueur rose, "Bonne fête, Papa". Une admiratrice discrète lui envoie de tendres baisers. Pendant ce temps votre serviteur lutte avec un bout de caoutchouc récalcitrant qui refuse de lui servir de couvre chef natatoire. La meute s'élance et Saimone se prend pour VDH au VDR. Pendant ce temps je repère une bouée orange fluo mobile qui me servira de poisson pilote, jusqu'au sprint final. Sortie de l'eau: une charmante inconnue annonce les temps de passage. Saimone VDH fend la bise depuis 8 minutes. Je passe le Iron qui se recoiffe pour parader devant son admiratrice attitrée. Seuls faits marquants de la course cycliste, les baigneuses qui se rhabillent sur le bord de la route et nos trois noms peints à tout jamais sur la D14 de la route du lac des deux Amants. Course à pieds: J'attends tranquillement la défaillance du Saimone, et j'espère que le Iron n'a pas abandonné. Un premier tour paisible à la recherche d'une bénévoleà qui sourire. Deuxième boucle, pas de Saimone, pas de bénévole, je force le rythme, d'autant qu'il parait que le Iron me talonne. Là, j'avoue que je n'ai pas bien compris. L'amour rend aveugle c'est sûr, l'admiratrice de l'Iron doit bigler sévère, le snake est relégué à +5 min au moins. Dans le doute, j'accélère. Au détour d'une ruelle, j'aperçois une ombre collée à me basques, une ombre curieusement penchée vers l'avant. Les foulées claquent, l'arrivée du train en gare de la Ciotat, immédiatement, j'identifie l'ombre. On ne passe pas un an à courir ensemble sans reconnaître quelque signes distinctifs. Iron double sans mettre le clignotant, le code de la route il s'en contrefout royalement. Moi non. Je sors le gyrophare et fait hurler la sirène et je me lance dans une poursuite infernale. Slalom entre les cônes de circulation, tamponnage, figure de style libre. Je verbalise. Enc&#@ de chauffard, range-toi sur la gauche. Il refuse d'obtempérer, j'active le booster de ma K2000 interne. Devant, des retardataires éjectent de notre trajectoire ou s'écartent effrayés. L'admiratrice ironesque tente de le rendre à la raison, elle sera prise pendant quelques centaines de mètres dans le tourbillon, mais le cyclone Iron continue de souffler sans faiblir. Dans les films américains, les flics finissent toujours par alpaguer le voyou, remember Verrieres the Bush. Je prépare déjà les PV que je vais dresser à cet énergumène. Avec tous les flashs qu'il a fait crépiter, son compte est bon. Sans aucune explication, si ce n'est une insulte aux forces de l'ordre que je représente, il passe en renversant un panier de mures que deux charmants bambins cueillaient pour la tarte du soir. Récidive au péage où il renverse les trois quart des gobelets amoureusement remplis par une bénévole toute acquise à ma cause. "J'espère que vous le pincerez ce goujat". Je ne reproduis pas le texte fidèle de la bonne normande tant le vocabulaire est aussi cru que le lait, dans ces contrées. Mon sprint n'y changera rien, 100 m à rattraper sur 400m, j'abdique. Des nouvelles du Saimone: il est depuis 3 min entre les mains des soigneurs, histoire de prolonger la légende. Il ne réapparaîtra que 5 min plus tard, avec la même mine de Mickey Rourke mais en fin de film cette fois. Voila le Boss, un récit aussi fidèle que possible d'une course, où je n'ai ch... qu'après la ligne franchie, mais pas dans des WC. Laurent Voyez-vous ça. Le Saïmone avec sa modestie légendaire (pire que moi) qui se fait mousser auprès de ses potes en diffusant en catimini des CR de courses que d'autres potes écrivent sur mesure pour ménager sa susceptibilité. Je ne sais ce qui me retient de communiquer aussi largement sur le net que le jour où j'ai diffusé sa photo de vacances de mégalostomach à poil en chaussures plastiques. Merci Gérald de révéler au grand jour les méthodes douteuses de cet ego oversized. Je crois qu'il faut arrêter de lui mentir avant qu'il ne s'égare complètement dans les brumes stratosphériques de son microcosme mégamoïque et que son alzheimer de la contre-perf ne le confirme dans sa schizo. Rien de légendaire en effet à sa course. Ce que tu ignores, je pense, c'est que VDR est au Triathlon ce que Le Medoc est au Marathon et les amoureux du sport et de la charcutaille en font toujours une course épique. Il n'y a que Simone, (par trop traumatisé par ses échecs systématiques du passé) qui en fait depuis deux ans son objectif number one. Au point de faire Embrun en préparation, tantôt en entier lorsque les conditions sont idéales, tantôt partiellement pour ne pas hypothéquer son ambition : Jouer le classement là où tous les autres terminent leur saison en roue libre dans la bonne humeur et la décontraction. Même en cherchant bien, je ne vois rien de mythique dans cette course anachronique et inintéressante de laborieux appliqué chiant comme la mort (ce fut super pour Lolo qui trouva ainsi un remède à sa célèbre constipation précompétitive (je n'avais de toute façon pas envie de lui tenir la porte des cabinets pendant le parcours à pieds)) ni dans son stress d'avant course comparable à celui d'une darone tchétchène prenant l'avion pour la première fois avec une ceinture de 300kg d'explosif dans l'estomac et la culotte de cheval. Non, ces quelques secondes d'avantage temporel comparées à sa gouaille et aux efforts de préparation consentis semblent tout simplement confirmer que notre futur VH2 n'est vraiment pas taillé pour le LD. A+ Thierry |