Stéphane Théry : Sportif depuis toujours, Stéphane , avec les années s'est tourné vers les efforts de longue durée. Après les marathons, il a été vers les 100 km, les 24h (cette année, c'est promis il fait Arcueil). Depuis trois ans, c'est en vélo qu'il cherche de nouvelles émotions, avec entre autres le défi Bugiste en 2005 (208 km, 7043 m de dénivelé en solo, une vraie et belle aventure de guerrier), les 24h du Ventoux et un Bordeaux-Paris.
Pour lui, le sport n'est que le support d'aventures. Aventure humaine avec la rencontre d'individus de tous horizons. Aventure personnelle voire spirituelle avec les moments de béatitude mais aussi les moments de souffrance incontournables dans ce type d'épreuve. Aventure physiologique avec une réflexion et si possible une maîtrise de la nutrition, l'optimisation de la gestuelle et sa cascade d'endorphines. Aventure sportive bien sûr, avec ses heures de "gloire" (Spartathlon en 2005) mais également ses déceptions (abandon à l'UTMB 2006). Le triathlon s'inscrit naturellement dans cette démarche avec tout d'abord la découverte de ce sport puis plus tard la recherche de l'extrême , Embrun en point de mire évidemment.
Gilles Gaubert : Triathlète depuis 1985, Gilles a participé à de nombreux triathlons longues distances (Nice, Embrun, Lanzarote, Roth...), marathons (Paris, New York, Londres...), un 100 km, bouclé deux séries complètes de brevets de randonneur (200, 300, 400 et 600 km la même année) en 1991 et 1995 et terminé le Paris Brest Paris du centenaire. Le Paris Brest Paris est son objectif 2007.

Les 200 km (Du 24 février au 22 avril)
Par ordre d'apparition : Patrice Blavignac, Gilles Gaubert
Patrice (on sent le champion) - Brevet de randonneur d'Argenteuil le dimanche 11 mars 2007
« Message rapide pour te dire que tout c'est très bien passé - pas de problème mécanique, pas de problème de fringale ou de santé ou musculaire - j'ai suivi un bon groupe 7 heures 45 y compris 3 arrêts de 5 mns pour contrôle. »
Stéphane (message reçu de Stéphane) - Brevet de randonneur 200 km de Longjumeau le dimanche 18 mars 2007
« Pour le brevet je ne te dirais qu'un mot: danteste ! J'ai fais, comme beaucoup, plus de km (230 au total) que prévu, le parcours étant trés mal fléché, dont la plus grande partie vent de face+ pluie. Suite à la belle semaine, quasi printaniére d'avant, j'étais plutôt léger sur les vétements et, du coup, j'ai eu trés froid. A titre d'exemple à partitr de la mi-course je ne pouvais plus changer les vitesses qu'avec la paume de main, les doigts étant "gelés".
Au final quelques 8 h en selle et vraiment dans le dure, ha c'est le vélo. Pour notre club de vélo sur 22 inscrits 15 abandons, tu vois le genre de galére. »
Gilles (message envoyé à Pascale, qui a beaucoup regretté de ne pas participer, eu égard au beau temps ;-) - Brevet de randonneur 200 km de Longjumeau le dimanche 18 mars 2007
« J’ai survécu ! Avec seulement 150 km de vélo dans les jambes et mon arrêt forcé d’un mois, j’étais un peu anxieux.Mais j’avais une arme secrète, un nouveau vélo tout en carbone et l’idée que la formule vélo + bonhomme = constante allait marcher. Le bonhomme était mais le vélo ++ alors…
Tellement ++ qu’il me jeta par terre vers le 190ème km ; un virage pris trop vite, le trottoir et hop par terre et même dans de la vraie terre bien humide et plus tendre que le macadam. Un beau vol plané qui me vit terminé la tête enfoncée dans la terre, le vélo en l’air, un vrai plantage de cycliste je peux réellement dire « je me suis planté ». Voila ce qui s’appelle baptiser un vélo ; mais je m’en tire bien, pas de bobos et le vélo non plus (juste quelques petites griffures pour le souvenir).
Effectivement les dieux du vélo nous mirent à l’épreuve sur ce vrai brevet : pluie, froid, vent (dans le nez et parfois très fort), pas de marquage au sol (je me suis juste un tout petit peu trompé), contrôle dans des troquets, automobilistes dangereux, pas de ravitaillement et à la fin la tasse de nescafé et la tranche de quatre quart breton LIDL… Tout ce qui fait qu’à la fin on achète sa médaille des 200 km avec un plaisir enfantin et qu’on attend avec impatience le 300 km pour en découdre à nouveau.
Bref une super journée. Et je sais par expérience (série des brevets réalisée en 91 et 95) que le plaisir croît au fur et à mesure que les distances s’allongent… »
Les 300 km
Nouvelles de Stéphane : Pour le 300 km, j'ai fait celui de Gif sur Yvette avec un ami, au final 320 bornes en 12h. départ à 3h du mat un peu dur et frisquet puis beau temps , très jolis paysages ( le parcours allait jusqu'à Mortagne) ; bref méga bonne journée. Le week-end dernier, je suis donc parti avec un ami en Hollande pour faire la version amateur de l'Amstel Gold race. Enorme succès populaire (8 000 à 10 000 participants en tout). Nous avons pris l'option "grand parcours" (250km- un vingtaine de côtes) et j'ai découvert que si le paysage était magnifique, cette région de la Hollande n'est vraiment , mais vraiment, pas plate ( mur à 22% dans Fromberg). En tout cas, plein de très beaux souvenirs, à conseiller à tout le club. Dans un mois, je me frotterai au Lièges-Bastogne-Lièges et une semaine avant j'aurai fait mon brevet de 400 km, le mois de mai va être dur!
Et de Gilles - Brevet de randonneur de Noisiel le samedi 21 avril 2007 :
Avant d’être les étapes qualificatives pour le PBP, les brevets de randonneur sont avant tout l’occasion de super ballades à vélo et l’occasion de découvrir combien la campagne française est jolie. Les organisateurs du 300 km de Noisiel ne dérogèrent pas à la règle et mitonnèrent un parcours splendide et difficile avec plus de 2 600 m de dénivelé en Ile de France, Picardie et Champagne-Ardenne. Parmi les endroits visités, citons Crépy-en-Valois, Pierrefonds et son château fort rénové par Violet Le Duc, Saint-Gobain, Anizy le Château, Villers-Cotterets…
Le 300 km avec son départ à 4 h du matin n’est pas le plus facile. Couché à minuit, levé à 2 heures, je loupai malgré tout le départ des cracks à 4 heures sonnantes pour cause de file d’attente à l’inscription. Il faut ensuite attendre un peu pour vérifier l’efficacité très relative de l’éclairage monté sur le vélo, et c’est vrai qu’une fois les lumières de la ville laissées derrière nous on pense vraiment « c’est parti ! ». Le froid pas plus de 5 °C saisit alors les cyclistes insuffisamment couverts, trompés par la douceur de la banlieue (même sans voitures incendiées). Rouler de nuit est une expérience passionnante pleine de poésie où l’angoisse est parfois présente, en particulier chez les néophytes. Et puis ce fut le chant des oiseaux, le petit matin et son coup de barre (toujours), les premiers rayons d’un soleil généreux en ce 21 avril, les routes granuleuses à faible rendement, le vent (défavorable bien sûr), un soleil en pleine forme (avec des températures dignes d’un mois de juillet), la tournée des cafés… pour les contrôles, des erreurs de parcours (jamais balisés) et une séquence émotion avec un passage au Chemin des Dames, des prédateurs (notamment les 4x4 aux vitres fumées), … bref tous les ingrédients d’une bonne journée à la campagne pour les 150 courageux. Je terminai le brevet avec plus de 320 km au compteur, 14 heures de selle, fatigué mais la tête pleine de souvenirs. Vivement le 400 km !

Les 400 km
Stéphane - Brevet de randonneur de Maurepas le samedi 19/05 (choisi car c'est le seul dans la région à partir à 4h du mat les autres commençant vers 18h et donc imposant une nuit blanche) - 400 km en vélo ça use , ça use, 400km en vélo etc...
Faisant un mail commun il est probable que des phrases soient quelque peu mystérieuses pour certains d'entre vous, faites comme si....
Ce (mon) brevet de 400 restera pour moi comme un chef d'oeuvre ... d'erreurs.
J'ai tout fait: - erreur alimentaire sous et mal nourri ( au final je n'ai pris que 1,5 l de boisson glucosée , cela fait peu pour 400 bornes).
- erreur vestimantaire, encore une fois, froid et crampes au rendez-vous.
- erreur tactique, j'étais dans le premier groupe et je faisais l'élastique à la sortie des cotes pour ne pas me retrouver seul dans la pampa avec tout l'effort que cela suppose.
- erreur psychologique car tout ces stress m'ont vraiment foutu le bourdon + les mecs devant qui donnaient l'impression de se promener, à m'en poser des questions pour ma participation au PBP.
Heureusement cela va déja mieux ce matin et, malgré tout, avec un temps final de 14h30 (poses comprises) je me dis que c'est pas si mal et que cela ne pourra qu'être mieux la prochaine fois.
Stéph le pas tout à fait mort.
Gilles Brevet de randonneur de Mours - samedi 5 (départ de 14 à 15 h) et dimanche 6 mai 2007 (avant 17 h)
Les brevets sont là pour préparer les concurrents aux difficultés du PBP et pour pédaler dans de superbes paysages. Le 400 km de Mours (commune située au nord de Paris et voisine de Beaumont Sur Oise) proposait un parcours en forme de boucle dans le Val d’Oise, l’Oise, la Somme et la Seine Maritime. Parcours magnifique que seule la nuit bien noire m’empêcha d’apprécier entre Crécy-en-Ponthieu et Forges-les-Eaux, encore que l’obscurité, dans un silence inquiétant, en donna une vision inhabituelle et fantomatique ; on devinait la mer toute proche entre St-Valéry-s-Somme et Dieppe sur les D640 et D925, mais sans la voir.
Un fort vent défavorable du nord rendit les 200 premiers km difficiles surtout que les pelotons, parfois en éventail, étaient tout petits et l’abri offert au vent faible. Dans ce genre de situation, étant peu adepte de rouler au milieu de la route, je prends généralement beaucoup de vent ; quand dépité je ne décide pas finalement de rouler tout seul, en vrai triathlète ! Evidemment la moyenne… Mais on reste en vie.
Cependant que le vent se calmait pendant la nuit, la température descendit fortement (quelques degrés au-dessus de zéro) et quelques cyclistes insuffisamment couverts grelottèrent, il est toujours difficile de trouver le bon compromis poids/équipement. L’eau peut être aussi un problème ; alors qu’avec quelques autres (Neuville - km 226 vers 1 heure du matin), nous nous pressions autour de la boite au lettre du village pour poster nos cartes postales faute de contrôleur on joue les touristes de charmantes jeunes femmes, rencontrées par hasard, acceptèrent de remplir nos gourdes. D’autres cyclistes moins chanceux, rencontrés un peu plus tard dans la nuit étaient eux toujours à la recherche d’un robinet salvateur.
Il y eu aussi un contrôle secret vers 2 heures du matin, l’occasion de se réchauffer avec un bon « nesca », le coup de barre du petit matin, le dernier contrôle dans un café improbable (pas au Michelin) et puis malgré une fin de parcours montagnes Russe, je retrouvais la pêche et avalais les derniers 100 km en moins de 4 heures. Je suis comme ça, quelques soit la distance je termine en boulet de canon (ou presque).
Enfin je terminais aux alentours de 10 heures du matin avec 430km au compteur et sur les 210 participants il en restait encore les 2/3 à arriver. Ce surplus de distance est imputable à plusieurs petites erreurs de parcours (n’oubliez pas, les parcours ne sont pas balisés) et notamment une bévue amusante le samedi en fin d’après midi. Alors que je roulais depuis une demi-heure avec un petit peloton bien efficace, à l’occasion d’un stop, un automobiliste perdu nous demanda sa route ; ce à quoi mes compagnons répondirent qu’ils ne connaissaient pas la région car ils venaient de Creil ! Deux brevets de 400 km étaient organisés ce week end là : Mours, le mien, et Creil. J’avais hésité entre les deux ! Ils me confirmèrent qu’ils faisant bien celui de Creil et me laissèrent seul à ma carte pour retrouver mes ouailles et le bon chemin.
Les 600 km
Gilles BRM Orléans - samedi 9 et dimanche 10 juin 2007
En ce samedi matin 9 juin, nous sommes 56 exactement à nous élancer à 6 heures précise d’Orléans La Source (sud d’Orléans) pour le BRM (Brevet Randonneur Mondiaux) 600 km, celui qui clôt la série des brevets qualificatifs et permet d’obtenir le sésame pour le PBP.
Même avec l’expérience (ceci est mon troisième) c’est toujours avec un peu d’appréhension que l’on s’élance sur un 600, beaucoup de choses peuvent intervenir sur ces épreuves où il n’y a aucune assistance, casse mécanique, coup de pompe, blessure…la météo très capricieuse des jours précédents s’est montrée inquiétante jusqu’au dernier moment puisqu’elle a fait la une des journaux, mais elle a finalement décidé d’être clémente.
Le parcours se compose d’un aller retour à Beaugency, puis d’une grande boucle qui part plein ouest en passant à Vendôme, Eccomoy (30 km au sud du Mans) et Sablé/Sartre. De là nous remontons alors sur Mayenne, tirons nord-est (sur la route du PBP), en passant par Mortagne-au-Perche et Brezolles, jusqu’à Dreux puis redescendons (sur la carte seulement) plein sud, Courville/Eure (15 km ouest de Chartres), Cloyes/ Le Loir et Beaugency de nouveau avec son superbe vieux pont en pierre.
Le peloton roule groupé pendant les 150 premiers km. Les routes sont belles, bien lisses, le vent de coté, le peloton va parfois un peu vite mais on s’accroche ; nous ne sommes que 56 et rouler en peloton est un luxe. On échange nos impressions les uns les autres, et dans l’ensemble nous nous accordons sur le côté galère de l’entreprise…mais pour rien au monde nous ne renoncerions ! Le seul vélo couché ne laisse pas indifférent les autochtones que nous rencontrons, il provoque la surprise, l’hilarité et la sympathie ; c’est selon. En tout cas il est animé par un bon cycliste et il finira le brevet dans les premiers.
Mais ce beau peloton ne résistera pas au premier contrôle (Saint Calais km 107) effectué pour beaucoup dans une station service qui tamponne nos cartes de route. Tout le monde ne s’arrête pas au même endroit et ne repart pas au même moment. Je me retrouve seul et comme les sensations sont bonnes je continue donc seul jusqu’au second contrôle situé à Sablé/Sartre (km 203) que j’atteins avant 14 heures. Dans l’hôtel où je demande un coup de tampon et à faire le plein d’eau, je fais d’abord sursauter une ancêtre qui me regarde comme un alien puis la réceptionniste qui me considère comme un soldat de l’armée rouge ! Mais non juste un coup de tampon et de l’eau, SVP mademoiselle.
La route change de direction et le vent est maintenant défavorable. Le soleil se montre et il commence à faire chaud ; la route prend également du relief. Bref c’est moins facile. Je passe le contrôle de Mayenne (km 268) rapidement et tire maintenant à l’ouest/nord-ouest avec pour objectif d’atteindre Mortagne au Perche avant la nuit. Mais c’est maintenant une autre paire de manche que de maintenir les 25km/h de moyenne. La route n’est jamais plate, plus aussi bonne, le vent est défavorable et il fait chaud. Les kilomètres s’accumulent également : Villaines la Juhel (km 296), Fresnay/Sarthe (km 322)… Nous sommes sur le parcours du PBP et cette partie dans la Perche est très exigeante. Je fais une pause à ST Rémy du Val où je retrouve plusieurs cyclistes qui m’apprennent que pas plus de cinq participants sont déjà passés (ah ah balaise le Gilles). Ce petit café est tenu par un couple d’amoureux de la petite reine et ils nous décrivent l’ambiance du lieu les années de PBP. Avec les spectateurs jours et nuits sur les bords de la route, les cyclistes couchés partout dans le café et notamment la petite salle adjacente aménagée pour le repos, et « avec des têtes !, oh des têtes ! » nous souffle la patronne.
On part à regret et on se donne rendez-vous à la fin août. J’ai maintenant trouvé un nouveau compagnon de route ; il ne se souhaite pas rouler seul la nuit et cela me semble très sage. Mais il roule vite le bougre et il faut s’accrocher. Nous décidons de faire une pause sur la terrasse d’un café en centre ville à Mortagne au Perche (23h) et nous nous retrouvons à deviser avec des fêtards du PBP et des brevets ; il est vrai que nous ne passons pas inaperçu.
Un troisième larron se joint à nous et c’est à trois que nous attaquons la nuit. La nuit est noire et le petit quartier de lune ne sera là que pour l’ambiance. Un épais brouillard est maintenant présent et la température (8º ?) ne nous fait pas regretter les vêtements revêtus lors du dernier arrêt (jambière, Gore Tex).
Mais très vite nous nous endormons (ah le coup de barre de minuit) et décidons de refaire une courte pause de 15mn à La Ferté Vidame. Assis par terre et appuyés à un mur, nous fermons les yeux. Mais rapidement les muscles se tétanisent et l’humidité se fait sentir. Nous remontons sur le vélo, apercevons un cycliste qui s’est arrêté à coté de nous mais le laissons à son sommeil en espérant que personne ne viendra lui tirer son vélo.
La demi-heure qui suit est très désagréable ; nous avons très froid et je claque des dents. Mais tout passe et nous finissons par trouver notre rythme de croisière sur des routes difficiles et accidentées, dans un brouillard intense.
Vers 3 heures du matin nous arrivons à Garnay (km 446) et oh surprise une petite équipe de bénévoles, préparant une grande fête du vélo le jour même nous attend dans la salle des fêtes (20 º) avec boisson et rillettes. L’ambiance est très sympa et après une longue pause de ¾ heure nous partons à regret.
Une bonne côte nous remet tout de suite dans le sujet et nous évite d’avoir froid.
Puis dès 5 heures les oiseaux commencent à chanter et le jour à poindre. Je décide de laisser partir mes compagnons de nuit car je suis un peu juste et je continuerai seul jusqu’à l’arrivée (soit 350 km seul sur les 600).
Très vite le soleil parait et il fait chaud. Le vent est fort et contraire. Les routes de la Beauce n’offrent aucun abri et aucune partie ombragée. Les routes sont ondulantes et il faut toujours pédaler pour avancer. La fin de parcours est usante. La fatigue est là et je commence à trouver la selle un peu inconfortable. Dangeau, Logron, Lanneray, Cloyes/Le Loir (dernier contrôle) Ouzouer le Doyen, Cravant, les kilomètres défilent, les heures passent et la fin de matinée approche. Enfin Beaugency, plus que 28 km ! J’économise la fin de mon dernier bidon, la panne sèche n’est pas loin (mais plus question de s’arrêter), il fait chaud et enfin je boucle l’épreuve à 12h30 approx. Seuls 6 autres concurrents ont terminé le brevet (heure limite jusqu’à 22h00) et mes deux compères de la nuit viennent juste d’en terminer il y a quelques minutes. Nous nous retrouvons comme de valeureux anciens combattants et nous quittons par un « Au Paris Brest Paris ».
Ma carte de route est tamponnée puis confisquée pour validation. J’achète la médaille mais on m’informe que je ne la recevrai par la poste qu’une fois mon brevet homologué. On ne rigole pas avec les BRM, ce n’est pas de la médaille en chocolat.
Voila c’est déjà fini (ce n’est pas ce que j’ai pensé pendant les trente dernières heures), les jambes tirent un peu et une grande fatigue générale s’installe petit à petit ; mais c’est surtout un sentiment de grande satisfaction, d’avoir accompli un « truc » qui domine et qui je le sais par expérience ne me quittera pas.
Pour le coté technique : 610km au total en 30h30 soit une moyenne de 20 km/h (23,7km/h en considérant le temps à vélo uniquement). Boissons : 12 litres d’Overstim (50% Hydrixir, 50% Malto) préparé en sachets prêts à être utilisés. Autres : 5 sandwichs, quelques barres énergétiques et Nuts.
Stéphane BRM Rambouillet - samedi 16 et dimanche 17 juin 2007
620 km et des poussières...
Bonjour à tous, voici le résumé de mon brevet de 600 qui en fait affichait dés le début 619, histoire de ne pas être mesquin.
Je commencerai par les chiffres? cette fois, ce qui permetra à ceux qui n'aime guére ma prose d'être plus rapidement libre....Brevet donc de Rambouillet, samedi et dimanche dernier, 619 km prévu mais 641 au compteur à l'arrivée.Quelques 180-200 inscrits, départ de 5 à 6h du matinIl semble une trentaine d'abandon. Pour ma part 29h40 et je finis dans les trente premiers.L'organisation (globalement parfaite) nous a dit que, lié aux conditions climatiques, tout le monde avait 4 à 5h de "retard", il faut savoir en effet que jusqu'à Fougère soit 310 km nous avons eu pluie et surtout vent, si ce n'est violent, vraiment fort et permanent. Dénivellé celon les "sources" entre 4500-5000 métres. Le parcours est quasiment celui du PBP permettant de vraiment sentir l'épreuve et ma première conclusion c'est que ça sent pas bon mais vraiment pas bon du tout.Grosso modo il y a 75 km au départ raisonnable puis c'est l'enfer: ça monte et ça descent,ou ça descent et ça monte ou, et cela était le plus fréquent, ça monte, ça monte encore et ça monte toujours !Pour un "grimpeur" comme moi c'est l'horreur et là tu prends conscience que toute annonce de "perf" de ma part ne serai que vantardise, finir en moins de 80 heures sera déja bien assez dur.Quand aux anciens qui m'accompagnaient dans ce périple avec le coup de pédales souple et le sourir aux lévres quand je grimaçais (genre Riton les bons jours) ils me rappelaient à grand coup de 39-25 les vertues de l'humilité.Pour le reste, la nuit, les souffrances aux mains et à la "selle", le froid au petit matin (6° d'aprés mon voisin de route), on étaient dans la norme de ce genre d'épreuve.Ce brevet m'a beucoup apporté en terme d'expérience sur l'ultra en vélo qui, je le constate une fois de plus, est trés différent de l'ultra course à pied.L'organisation de Rambouillet était vraiment trés pro et trés chaleureuse (Christian, si tu le peux, félicitelais grandement.Physiquement un départ trop rapide, surtout dans le vent, m'a provoqué un coup de blues vers les 400-450 km mais je finis dans de bonnes conditions physiques ( je me fais sur un bout de plat avant l'arrivée de 5-6 km à 37 km/h pour le fun) par contre, probléme récurent chez moi, une vraie souffrance sur la selle, une telle douleur au postérieur hypothéquera réellemnent mes chances de continuer. Même si j'ai amélioré ce point cela reste encore mon point trés faible et à mon avis le vrai facteur limitant de ce PBP.Voila en "quelques" mots le résumé de ce brevet qui restera, comme le 300, une belle aventure plus engagée certes mais également beaucoup plus enrichissante que les autres brevets.Ainsi mon engagement est fait pour le Paris-BrestJe prends à César son célèbre "Alea jacta est"1200 km cela peut et doit être vaincuPourvu que je n'ai pas trop mal au.....
Stéph le poéte

Autres préparations au Paris Brest Paris :
La LiNantes 387 km
Gilles Gaubert
Voici au travers d'une plaquette réalisée par Cyrille Gaubert une évocation de la LiNantes, mon épreuve pour moi tout seul ! Elle consiste à rallier Linas (Essonnes 91) à Nantes (Loire Atlantique 44) en une seule étape, de mon domicile à celui de mes parents. J'ai bouclé la première LiNantes le vendredi 27 (départ à 5h45) et le samedi 28 juillet 2007 (arrivée à 1h30). Ce fut 387 km de vent défavorable (30 km/h en moyenne plein ouest /pleine face) et des heures et des heures de pluie tenace (y compris de nuit !). Avec le recul, ce fut une excellente préparation pour le Paris Brest Paris...
Cliquez sur les photos pour les agrandir et lirez le texte.
Appelez-moi Maître... mais pas (hélas) Grand Maître.
Stéphane Théry
Le but de cette expédition était double, d'une part participer au
défi des "Fondus de l'Ubaye" des 26 et 27 juin 2007 et d'autre part aider, par le biais de l'inscription-souscription, l'association française contre la mucoviscidose. Façon élégante de joindre le charitatif au sportif. Pour les pressés du résumé (pas vrai mon Cricri d'amour) voici les chiffres:
Le défi proposait 3 parcours
Les 4 cols (206 km-4172 m de D+)
Les 5 (258 km - 5332 D+)
Les 7 cols (336 km - 6895 D+)
Les cols sont dans l'ordre: Pontis ( alt 1301m), St Jean (1333m), Allos (2247m), Cayolle (2336m), Bonnette (2802m le plus haut col d'europe), Vars (2111m) et Larche (1991m). Le départ avait lieu samedi de Barcelonette à 5h30 du mat et le systéme de ravitaillement, vu le parcours plus ou moins en étoile était trés fonctionel. Pour ma part j'étais parti pour le 7 cols (Grand Maître de la confrérie) mais une cime de la Bonnette fini dans la douleur me fit renoncer aux 2 autres cols. Le départ sur le col du Pontis avec 6km à 9-10% donnait d'emblée la mesure du Défi. N'ayant pas fait du de montagne cette année c'est avec grand plaisir que j'attaquai ce challenge.
Jusqu'au col de la Cayolle (magnifique) j'étais pas mal mais la montée de la Bonnette (1600m de D+ d'un seul tenant dont le dernier km à 10%) m'a mis KO, peut être le brevet de 600km 15 jours avant y était-il pour quelque chose, de même que l'altitude... Du coup je renonçais à continuer les 2 autres cols, me contentant donc de n'être que Maitre avec 258km et 5332 m de D+. Comme toujours quand on arrive pas à l'objectif une pointe de tristesse est présente mais le super parcours et l'ambiance trés familiale modére ma déception. Belle épreuve donc tout à fait réalisable mais avec une préparation montagne digne de ce nom et non pas à la Stéphane Théry ( il est trop cool celui-là).
Stéph le petit maitre
